Vendredi 20 Mars 2015

Finalement (au final …) , je n’ai pas vraiment achevé (finalisé…) mon petit texte de Dimanche 15 Mars. Tant pis ; je viens de le publier tel quel.

Tellement excité, après beaucoup d’hésitation (à quoi bon ?... A quoi bon essayer de faire réfléchir cette bande de crétins ; qu’il y ait le feu à la Planète entière, ou à nos vieux souvenirs de village, ils s’en foutent complètement ! Je ne vais gagner qu’à me faire mal voir ; un peu plus mal voir…), donc, après hésitation,  Lundi 16, j’ai envoyé un mail à la Mairie de Villdo, avec double au journal L’Union :

à Monsieur le Maire et son Conseil municipal,

Mesdames, Messieurs,

Je viens de lire avec effarement sur le Bloc notes annuel de la commune qu'est prévue une "émulsion autour du cimetière".

En d'autres termes, et sauf erreur de ma part, vous avez décidé de bitumer St Lié !

A moins qu'il ne s'agisse d'une "émulsion" d'engrais quelconque visant à favoriser la végétation naturelle, ou à traiter les arbres malades ? Ce qui m'étonnerait beaucoup...

Bitumer St Lié : Voilà un CRIME qui n'avait pas encore été commis par les récentes  municipalités, pourtant riches en ravages, déjà, contre notre pauvre village, sur le terroir duquel on cherchera bientôt en vain le moindre noisetier, la moindre aubépine, le moindre églantier, etc, bref, la moindre trace de nature un peu "naturelle" ! - J'ai vu récemment qu'une nouvelle partie des buissons de ce même St Lié a encore été exterminée ! Comme les pins sont en train de mourir, et que votre bitume favorisera la circulation automobile, donc la pollution, et les déprédations causées par les délinquants, ce bosquet sera, à court terme, complètement désertifié ! Je pense que c'est ce que vous cherchez, pour mettre, à la place, quelques "cactus" dans des bassines de béton, et en rajouter, toujours et encore, dans la surenchère du mauvais goût, comme c'est le cas dans les talus des Caves, et au Monument aux Morts où bientôt on ne pourra même plus lire les noms des pauvres morts !

Les mots me manquent pour en dire plus sur une telle folie. Quel désastre !

A quoi allez-vous vous attaquer, après cela ? Raser l'église du bas, la chapelle, le Monument aux Morts, abattre les quelques arbres de la place ? Puisque vous avez décidé de faire table rase de tout le peu qui restait de nos "vieilles choses"...

Vous feriez mieux de vous occuper, d'urgence, de la sauvegarde des deux blockhaus de St Lié, Monuments historiques classés, qui sont en train de rapidement se délabrer, mais dont vous n'avez que faire, sans doute !

Toutes mes salutations, outrées et désolées,

 

Quelle « fausse manip’ » ai-je donc encore faite ? Cherchant ce texte dans mes mails envoyés, je retrouve celui destiné au Journal, mais pas celui pour la Mairie !

Je viens donc d’en faire l’envoi…

Dans mon inventaire des désastres constaté lors de mon voyage de début du mois, j’ai oublié de noter :

Sur la voie romaine, entre Suippes et Reims : plus un arbre ! Tous ceux qui la bordaient ont été tronçonnés ! Ce pauvre désert agricole de « champagne champenoise » ne s’enrichit pas quant à la diversité et au charme du paysage ! Ce mince coron d’arbres qui soulignait la route était à peu près le seul « relief » à donner un peu de chaleur aux yeux…

Là encore : pourquoi cette hécatombe ? Psychose « sécuritaire » ? Prétexte « écologique » : « Ils étaient trop vieux »… Ou bien… projet d’élargissement de cette route ? Il y a si longtemps qu’on n’a pas élargi une route, dans cette région !...

Une voie romaine sans arbres ! … La grande avenue (ad-venue) de la Barbarie…

Car « les routes ne sont pas la civilisation », ô, ma pauvre Simone Weil, comme j’ai bien retenu ce mot de vous ! Et les romains ne sont certes pas des « civilisateurs » ; romains d’hier ou d’aujourd’hui… grands a-ménageurs de la Planète, de leur empire, de pire en pire… Romains ou barbares, aujourd’hui, il n’y a plus aucune différence… L’assimilation est faite ! hélas…

*****

Dans la même veine, -ou plutôt déveine !

« La Terre est un jardin »…

belle proposition, en plein écran télé… mais : dans une pub’ pour… une tondeuse à gazon !

Toute la connerie contemporaine, massacreuse de le Terre, est là, en une phrase !

Toute la perversion, la dégénérescence de citadins, néo-ruraux et tous autres crétins qui se confondent de plus en plus en rurbains-pimpins , sous le rouleau compresseur de la modernité uniformisante, tout cet « homme dénaturé » teint dans cette phrase, dans son exploitation commerciale pour cette machine bruyante et ravageuse de mille façons…

Pour nous autres, travailleurs de la Terre, justement, la Terre n’était /n’est !/ pas un jardin ! Pas un jardin « d’agrément » en tout cas ! pas un jardin à peste verte (gazon) !

La Terre n’est pas un jardin, pas un terrain de jeu, pas un parc de loisirs…

Pour nous, la Terre n’était pas devant nous, mais autour de nous, englobante. Nous y participions de toutes nos fibres, mains actives autant que yeux, oreilles, nez réceptifs… Il s’agissait d’un rapport ontologique, organique, dialectique, et surtout pas consumériste !

Curieusement, cet affreux terme d’exploitation, inscrite au lexique diabolique par la marxisme de supermarché (exploitation de l’homme pas l’homme » «  on nous exploite ») avait un sens positif : exploiter la terre, c’est débord la féconder, la soigner pour qu’elle soit plus féconde ; une exploitation agricole est toute autre chose que l’exploitation de l’homme par l’homme, et même que l’exploitation d’une mise, ou de toute autre « ressource » non ressourçable, justement !...

Ce rapport dialectique devrait pourtant être bien accessible aux cervelles atomismo-matérialistes qui règnent aujourd’hui. L’unité des atomes, et de leurs liaisons devraient leur être évidente… tout comme l’unité du genre humain l’est, devrait l’être, à leur moralisme baveux et droitdel’hommiste…

Mais voilà, ces unités sont encore insuffisantes. C’est à l’Unité de la Création qu’il faut accéder, au sens de cette Unité…

Pour cela, seule la poésie cosmique (= la religion) est le chemin. Seule, la religion relie, bien plus sûrement que l’attraction universelle, jusqu’au détail des liaisons atomiques…

 

Il est vrai que le premier habitat humain fut « un jardin »… Le Jardin… d’Eden !

Mais c’est tout autre chose…

Allons, pour mémoire de notre jeunesse, et à défaut de poésie cosmique, réécoutons, au moins, l’ami à « gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec »… :

C'est une chanson pour les enfants qui naissent et qui vivent
entre l'acier et le bitume, entre le béton et l'asphalte,
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin.

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre.
Il brillait au soleil comme un fruit défendu.
Non, ce n'était pas le paradis ni l'enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu.
Lalala, lalala, lalala

Il y avait un jardin, une maison, des arbres,
Avec un lit de mousse pour y faire l'amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée.
On pouvait s'y nourrir à toutes les saisons,
Sur la terre brûlante ou sur l'herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n'avaient pas nom.

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre.
Il était assez grand pour des milliers d'enfants.
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître,
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus?
Où est cette maison toutes portes ouvertes,
Que je cherche encore mais que je ne trouve plus?


Il y avait un jardin grand comme une vallée.
On pouvait s'y nourrir à toutes les saisons,
Sur la terre brûlante ou sur l'herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n'avaient pas nom.

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre.
Il était assez grand pour des milliers d'enfants.
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître,
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus?
Où est-il ce jardin toutes portes ouvertes,
Que je cherche encore mais que je ne trouve plus?

Source : http://www.paroles-musique.com/paroles-Georges_Moustaki-Il_y_Avait_Un_Jardin-lyrics,p66603

Je songe aussi à Genevoix : Jardins sans murs, etc… et à Cesbron : son « entrée dans le jardin de Gethsémani » (quand il apprend qu’il a un cancer…) ; les jardins dans la Bible ; dans la littérature, dans les civilisations…

Toute une belle étude à faire, à partir de ce mot jardin, dans ses emploi si divers…

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