Job, Job !...
Job, Job !...
Il était 3 h, ce matin, et même une dizaine de minutes plus tôt. Dans mon lit, je remâchais quelques bribes de poèmes qui voulaient être écrites :
Nul ne sais mon Enfer
La montée du Calvaire
Comme on dit à St Li é
Ce raidillon
qui monte… au cimetière
etc.
J’avais du mal à respirer, la gorge toute encombrée, et autres menus plaisirs habituels, maintenant.
Je me suis levé.
Et voici ce qui m’attendait, dans l’office du jour :
Lecture du livre de Job
Job prit la parole et dit :
« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée,
il fait des journées de manœuvre.
Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre,
comme le manœuvre qui attend sa paye,
depuis des mois je n’ai en partage que le néant,
je ne compte que des nuits de souffrance.
À peine couché, je me dis :
“Quand pourrai-je me lever ?”
Le soir n’en finit pas :
je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand,
ils s’achèvent faute de fil.
Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle,
mes yeux ne verront plus le bonheur. »
On ne peut mieux dire !
Il faut toujours en revenir à Job !
Et même, ne jamais le quitter… Il est la figure humaine, la figure de l’Humanité même. , quels que soient les fards, si lourdement fallacieux, que sa « modernité » lui inflige… Remèdes miracles à quatre sous et autres balivernes et calembredaines sur le bonheur...
Si vous saviez le don de Dieu,
imbéciles !
